mercredi 30 décembre 2009

Au revoir 2009

2009 agonise, elle finira, éructant ses dernières bulles de champagne aux douze coups de minuit, qu’égraineront des gai-lurons éméchés, le cotillon de guingois.
J’avoue ne pas être friande de ces agapes de Saint Sylvestre, qui enterrent les 364 jours précédents, la plupart du temps sans même un seul regret. Ce deuil bruyant, qui donne aux réveillonneurs des allures de veuves joyeuses, n’en reste pas moins une petite mort. Car ce sont bien des jours, qui se meurent au fond des verres, et que malheureusement nous ne rattraperons plus.
2009 s’achève, de grâce prenons le temps d’une minute de silence! Une vrai minute, pas de ces quelques secondes d’un silence bâclé, interrompu de toussotements et de raclements de gorges intempestifs. Non, soixante secondes bien pesées, le corps en posture de respect, pour les 8760 heures passées que la vie, Dieu, le Grand Architecte, le destin, ou vous-même (cochez les cases inutiles à vos yeux) ont daigné vous accorder.
Année difficile ou plutôt douce, noyée de chagrin ou remplie d’éclats de rire, année sans flamme ou glacée comme une lame, banale ou exceptionnelle, mais une année de plus, tout de même, comptabilisée sur un cadran que nous avons trop tendance à oublier. On tourne la page de l’an passé, avec la désinvolture de celui qui croit avoir apprivoisé l’éternité. « On est tellement pressé d'aller on ne sait où, faire on ne sait quoi, que chaque minute d'attente prend des allures d'éternité".
Prenons-la donc cette minute de silence, pour se rappeler d’un mot, d’un visage, d’une histoire, d’un baiser, d’un frôlement, d’une image, d'une lumière, d’une musique…*
Cette ultime minute de 2009, la seule que vous vous serez vraiment offerte, rien que pour vous, dans le silence de votre cœur, à l’abri du brouhaha du monde, profitez-en jusqu’à la dernière seconde. Que de 2009 reste au moins cette parenthèse, volée à la course folle des aiguilles de la montre.
Dans le temps suspendu de cette pause, la chanson de Cat Stevens, qui accompagne l'inoubliable film Harold et Maud, m'est immédiatement revenue en mémoire, et les mots de Sénèque aussi: "le plus grand obstacle à la vie est l'attente, qui espère demain et néglige aujourd'hui".
video

* un clic sur chaque mot ouvre une bulle musicale

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