jeudi 7 juillet 2011

Point d'orgue










"Qu'est devenue la musique en lui, quand personne ne l'entendait plus dans le même temps et le même lieu où il jouait?"...

extrait du livre de Michel Schneider "Glenn Gould Piano Solo"

lundi 4 juillet 2011

Soledad




















L'histoire se passe dans une ville pleine de bruits et de mouvements incessants. Une ruche bruyante et animée où chacun va, vient, se retourne, s'élance ou revient sur ses pas. Une ville comme mille autres et pourtant nulle autre pareille.
L'histoire se passe dans une ville qui se passe de lui et de tout commentaire...




samedi 2 juillet 2011

Bain de couleurs

Après un accident
de la circulation, M.I envoie cette lettre à Oliver Sacks, neurologue: "depuis, je suis
devenu totalement aveugle aux couleurs... Mon chien me parait gris sombre alors que son pelage est
brun, le jus de tomate me semble noir, les couleurs de ma
télé se sont transformées en
un méli-mélo informe." . M
.I est artiste peintre, il avait peint toute sa
vie et voilà que tout son univers s'effondrait irrémédiablement.
Même ses gris étaient délavés et ses blancs sales.
Tout se
passait pour lui comme si son passé, "son passé
chromatique lui avait été enlevé, comme si sa connaissance de la couleur avait radicalement été extirpée de son
cerveau en n'y laissant aucune trace, aucun signe interne, aucune existence antérieure. Sac
ks, dans "un anthropologue sur Mars", ouvre des mo
ndes étranges où les hommes perdus dans leurs propres déserts, trouvent de quoi reconstruire un univers de beauté insolite: "une révision aussi déchirante que spectaculaire s'était opéré en lui: l'effacement progressif puis la mort de son ancien monde coloré et de ses souvenirs de ce monde avaient aussi permis la
naissance d'une construction du m
onde totalement nouvelle, adaptée aux nouveaux canons de sa visualité, de son imagination et de sa sensi
bilité.

Aux survivants de tous les mondes perdus...

jeudi 30 juin 2011

En ville...

Les murs de la ville traînent en longueur. Gris, ocre, beige, grès, brique, cendre, sable, granit... Des murs trop verts.
Lever la tête, à peine, pour croiser le bleu, haut, très haut.
Les murs dansent, louent, rachètent et vendent, pair-impair, impasse. Des pans entiers de façades où les hommes échafaudent des projets de châteaux en Espagne.
Des murs qui clignent les persiennes pour ne pas s'aveugler du soleil arrogant, où qui gardent les fenêtres grandes ouvertes pour aspirer le monde. Bardot s'accroche au linteaux, effleurée par un drapeau qui ondule autour de son cou.
Un dernier tango et puis s'en vont...
Les murs sont des livres ouverts sur des pages que quelqu'un tourne pour moi.

mardi 28 juin 2011

Cavaliers

Por la lejana montaña
va cabalgando un jinete
vaga solito en el mundo
y va deseando la muerte
lleva en el pecho una herida
va con su alma destrozada
quisiera perder la vida
y reunirse con su amada
la queria mas que a su vida
y la perdio para siempre
por eso lleva una herida
por eso busca la muerte



























dimanche 26 juin 2011

Visages

" Faut-il peindre ce qu'il y a sur un visage?
Ce qu'il y a dans un visage?
Ou ce qui se cache derrière un visage? "
Pablo Picasso











samedi 25 juin 2011

En terrasse

Jouer les sentinelles au coin des rues qui se croisent. Guetter celui qui passe, et qui pose un instant sa pensée en terrasse.



Des regards qui cherchent, des attentes...



"Métallique et hautaine,
La ville secoue sa mémoire
En tombe des livres et des sarcasmes, des rumeurs et des rires
Et nous la traversons comme si nous étions éternels
..."










jeudi 23 juin 2011

Le parc du Retiro

Le plomb pèse sur les épaules. Le soleil fait son Zénith. Dans les allées du jardin, la poussière crisse sous les sandales. Il fait chaud, comme devant la porte d'un four. Les rameurs, glissent avec nonchalance sur le bassin, tandis que les mains des promeneuses que l'on berce, tracent des ronds dans l'eau. Les arbres se penchent, et se penchent encore sur le miroir immobile, près de l'embarcadère, jusqu'à en perdre quelques feuilles. Les marionnettistes se rafraichissent aux fontaines et les vendeurs de glaces se frottent les mains. Le verre de citronnade glacée, se couvre d'une buée d'hiver. A l'ombre, un canard s'ébroue après la baignade, et ses plumes scintillent de gouttelettes éphémères, qui jouent avec la lumière. Au loin, les échos cuivrés de l'orchestre du kiosque à musique, se laissent porter par le moindre souffle d'air. C'est un dimanche, simple, un comme tant d'autres, où les promeneurs cherchent l'ombre en plein midi. Le dimanche banal, d'un été qui commence. Etre, et avoir l'été...

mercredi 22 juin 2011

15 M



- Comment s'aime-t-on sur la terre?

- on lutte ensemble






































mardi 21 juin 2011

Pierre Arditi

A Pierre et Evelyne, deux sourires dans mon hiver...




Il suffit de le voir pour penser que les émotions le traversent, le percutent, le soulèvent et parfois le submergent. Pierre Arditi, est un entier relatif. En relisant cette définition mathématique, je dirai qu’il est positif ou négatif mais toujours sans virgule. La virgule marquant toujours une pause, lui pas. Il n’en a pas le temps. Les minutes sont comptées aux hommes depuis la nuit des temps et l’éternité n’étant accordée qu’aux mythes et aux icones, il sait que lui, pétrit de chair et d’os, ne bénéficie que d'un temps x, où l’inconnu le reste à tout jamais. C'est pourquoi il dit tout et tout de suite.


Ce jour-là, Pierre Arditi est un clown blanc qui regarde une ombre noire. Il reste suspendu aux enluminures d'un poignet qui dessine des volutes de serge rouge sur le sable. L'ange lui a dédié l'un de ses envols, et lui, reste dans le couloir de pierre, oui, c'est le couloir de Pierre. Comme une vigie, il guette anxieux le moindre faux pas de l'ange, qui balance entre la vie et la mort, sur un cercle tracé à la craie. "Et s'il ne revenait pas? et si je restais là, me murmure Pierre, pétrifié, inquiet, l'arabesque d'astrakan sur le coeur.

Je me souviens quand vous disiez: "Quand j'entre en scène, j'entre en vie, je nais au monde. Là où la mort n'existe apparemment pas". Là, elle existe Pierre, tout le temps, prête à abattre sa carte maîtresse, ardente comme une flèche, déchirant le corps sur son passage, fulgurante et traversante comme une balle.

Cet après-midi l'Ange triomphe et nous jubilons tous de votre sourire. Car vous êtes heureux je crois, à ce moment.

L'écrivain André Maurois en dirait long sur ce sourire:"Le bonheur n'est jamais immobile, le bonheur c'est le répit dans l'inquiétude."

samedi 23 avril 2011

Mon mari aimé est décédé dans un effroyable accident de la route. Vous comprendrez que cet espace de paroles garde provisoirement le silence.Nous nous aimions et il me manque...


Mi amado esposo ha fallecido en un terrible accidente de trafico. Este espacio guardara temporalmente el silencio.
Nos queriamos y lo echo de menos ...


My beloved husband died in a terrible car accident. This space is temporarily in silence.
We are in love and i miss him...

mercredi 30 mars 2011

Les taupes du ratanakiri

Rappel : vous pouvez aggrandir les photos en cliquant dessus.


Les sandales posées près du trou. S'il revient, elles l'attendront, moins couvertes que lui d'une terre ocre, qui s'incruste partout. Chaque jour à partir de sept heure du matin, il descend dans le puit, qui laisse juste passer un corps d'homme.


Au fond, il remplit de terre le seau que son compagnon descend par une corde. Les déblais remonte lentement, puis deux ouvriers fouillent, à mains nues, pour trouver... les pierres semi-précieuses. Ratanakiri : la colline des pierres précieuses.

Ils fouillent, grattent, suent sang et eau sous un soleil de simple plomb, que n'abrite pas la bâche de plastique élimé. Les mains caleuses guettent, presque aveugles, jusqu' à sentir sous l'ongle noir, la rugosité des gemmes qui jouent à cache-cache. Un pile ou face qui ne rapportera jamais gros. Pendant que les doigts scrutent, l'or du ciel s'enroule sous les nuages.

Les "taupes" accélèrent le tour de manivelle pour remonter les mètres cubes de terre rouge. Un "eldorado" qui ne verra jamais la couleur de l'or.

Les jours de veine, quand la terre veut bien ouvrir les siennes, la gemme est extraite, taillée et revendue sur le site où on évite ainsi les intermédiaires. Les quelques élégantes porteront les perles de sueur en pendentif, ou en boucles d'oreille.

Pour eux, demain restera suspendu à deux mains...





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