mercredi 16 mars 2011

Phnom Penh via Bangkok


Vous pouvez aggrandir les images en cliquant dessus.
La porte de la soute à bagages s'étant fait la malle, l'avion campe au pays de la Tour Eiffel. Trois heures plus tard le commandant est un héros, il a réussi à trouver un autre avion et à déménager âmes et bagages! Bangkok/Phnom Penh raté pour midi! mais jouable à 18 heures.
Attente dans l'aéroport, en transit, où les orchidées pâlissent dans les boîtes souvenirs, aveuglées par le sourire des vendeuses qui éclaboussent les néons.
Dans les boutiques duty free les bonzes prennent un coup de jeûne!
Les éternels fiches de police, remplies à la hâte, me rappelle que je suis toujours d'autre part.
Vol, vuelo, fly...= manière des oiseaux, des insectes et de certains animaux pour se déplacer dans les airs.
" L'aviation ne nous offre certes rien, qui ressemble au vol. Le fait de se sentir enfermé dans une enceinte de verre et de métal obéissant à un pilote n'a rien à voir avec le vol des oiseau et des anges." Jorge Luis Borges.
Je suis enfin arrivée à Phnom Penh.

dimanche 13 mars 2011

En route pour le Cambodge

Tout d'abord je tiens à présenter de sincères excuses pour le silence prolongé, à celles et ceux qui me font l'amitié de suivre régulièrement Y'A PAS D'MOTS. Des soucis de santé dans ma famille, m'ont éloignée de ce blog durant plusieurs semaines.
Il est donc grand temps de reboucler les valises.
Je pars demain, pour le Cambodge.
Retour dans un mois environ,
Merci à Mike, de Siem Reap pour son aide dans l'organisation de ce voyage, il est d'une aide précieuse et j'aurai sûrement l'occasion de vous en reparler.
Le carnet de bord est à venir, lettre en image, parfums, visages, ailleurs...
Marek Halter dit qu'un rêve de beignet est un rêve, pas un beignet, mais qu'un rêve de voyage, c'est déjà un voyage...

jeudi 17 février 2011

Visage, vie sage...

Chapître 1 - Gandalf -

Lorque Gandalf fit route vers l'ouest, avec les porteurs des anneaux, il ne regarda jamais en arrière.
Les échos de la Comté, enfin apaisée, ne franchirent pas la mer.
Le temps passa.
Elrond régnait au delà d'un océan sans frontière, Galadriel ne prit pas une ride, et Frodon mis quelques cheveux blancs, sa cicatrice le fit beaucoup soufrir...
Gandalf finit par s'ennuyer à mourir,
et retourner au pays.
Je l'ai vu hier.

vendredi 11 février 2011

Toit et soie

Créer, disais Courrège, c'est imaginer des formes.

La rue regorge de ces géométries impromptues et éphémères, qui sillonnent l'asphalte.

Cercle de vinyle, sur fond de béton strié, tétraèdres de propylène au-dessus de chaussées sans fin, carré de polyamide sur les cintres des ponts...

Les mathématiques urbaines tentent de résoudre les équations des inconnues qui passent.

Les passages piétons ont des revêtements cloutés...

Les triangles de coton ne sont pas tout à fait isocèles.
Il manque juste peut-être un peu de ... soi !

lundi 31 janvier 2011

Ici Londres!


A mon amie Régine, si amoureuse de Londres.
Jean Edern Hallier disait que l'Angleterre était un pays formidable : " c'est le seul où l'on puisse rouler à gauche le samedi soir!".
J'aime Londres, foisonnante comme une ruche qui s'installe, caléidoscope de nationalités qui s'entrecroisent entre deux lignes de métro.
Tous les "lieux communs" n'en sont que plus hors norme. Les acidulés des roses bonbons dégoulinent en vitrine, mon chauffeur de taxi est sévillan, Harry Potter traine dans tous les bars, téléphoner est exotique, Sherlock Holmes m'a demandé l'heure et des vieilles filles chapeautées donnent à manger à des pigeons obèses en plein Hyde Park au nez et à la barbe d'un rabbin Hassidim. My taylor, qui n'est plus riche depuis des lustres, termine d'ajuster l'ourlet de mon pantalon Prince de Galles, la crise l'a laissé sur le carreau! Big Ben sonne grisâtre sous le crachin, la météo se paye un 2° de conduite!Guevara et Lénine tapinent en vitrine!

Mon pudding s'esclaffe de rire en voyant s'approcher la pinte, ah ces blondes! Je lorgne vers le ciel au cas où Poppins ferait du rase motte autour de la city. Un supercalifragili est si vite arrivé!

J'aime Londres aux lumières dispersées, aux verrières qui clignotent, aux trottoirs éventrés que Jack n'arpente plus. Ville qui a tout vu, tout bu, tout avalé...

"Londres, la dignité bombée d'un parapluie!".

dimanche 30 janvier 2011

Istanbul 2

Les pieds s'étonnent de leur nudité retrouvée.
Les orteils recroquevillés sur leur condition trop humaine, s'enfoncent dans les arabesques de laine. La voûte, rit à arches déployées et fait un clin d'oeil aux mortels qui déambulent, nez en l'air. L'âme ne se laisse pas faire, elle redresse la tête et dresse un poing vengeur vers le ciel étoilé.
Une ombre à peine, croit en l'éternité, s'incline lentement et s'étonne du silence, mille flammes vacillantes tremblent dans son regard.
La liberté tente une échappée par la porte entre-ouverte.
Le silence est à son comble quand grince le verrou...
Plus loin sur l'onde irisée du Bosphore, une mouette prend son envol et descend en piqué... Vague à lame..
"Puis doucement, doucement, dans la brume diaphane s'incline en avant, et glisse de telle sorte, qu'elle va choir où l'on voit l'horizon fermer sa porte"...

samedi 29 janvier 2011

Istanbul

"Chère Istanbul, hier d'une autre colline je t'ai regardée!
Je n'ai vu aucun aucun endroit que je n'ai visité, que je n'ai aimé.
Tant que je vis, trône à ton aise sur mon coeur.
Aimer seulement un de tes quartiers vaut la vie."

Beyatli, Yahya Kemal

dimanche 16 janvier 2011

Savoir Fer !

Le maréchal ferrant est très à cheval sur les principes. Il ne vient que le jeudi aux alentours de midi (heure tout à fait décente pour un artisan puisque le déjeuner se fera à 15 heures).

Autrefois, il fallait envoyer les chevaux à la forge, maintenant c'est l'artisan lui même, qui se déplace. Son enclume est une plume et la forge portative, alimentée par une bouteille de gaz!

Ce jeudi, donc, il a sorti son rogne pied, ses dégorgeoirs, sa rénette, un bataillon de marteaux et de pinces en tous genres. Déferrage, parage (attention à ne pas enlever trop de corne, qui pousse de 3 à 4 mm par mois ), tournure du fer, pose puis brochage et quelques finitions plus tard, on passe à l'autre patte.
Manolo, il en connaît en rayon. Son savoir faire me... désarçonne! Je sais c'est un peu facile, mais vous n'allez pas monter sur vos grands... Bon ok, j'arrête pour de bon.
Ce matin aux premiers coups de mailloches, les chevaux se déchaussent pour ne pas réveiller trop tôt le printemps!

jeudi 6 janvier 2011

Ciel sanguine

Hier, mon ciel a rougi, il faut dire qu'il est très timide! Il se pavanait tout cumulonimbus à l'air, lascivement posé sur la cime des chênes lièges, quand le rouge lui ai monté aux joues.

Je ne sais pas ce qui lui arrive ces derniers temps, parfois il s'illumine d'un sourire radieux, d'autres fois il boude, puis soudain rentre dans une rage folle, et déchaîne sa furie incontrôlée dans un bruit de vaisselle cassée. Il y a des matins tristes, où il ne veut même pas se lever et essuie quelques larmes d'un revers d'averse.
Mon ciel est un cyclotimique, il fait le tour de son nombril à vélo, il en perd les pédales!
Dites-moi, oh ciel, ce qui vous trouble, une nuque qu'un chignon dénude, un papier qu'on n'a pas mis au panier, un piétinement grossier? Peut-être un conducteur par trop pressé, qui pisse comme on respire, au bord d'une route? Un baiser volé, que des amoureux en goguette ont oublié sur la pierre d'une murette ?
J'ai soulevé ciel et terre, pas de réponse!
Je n'avais qu'une seule peur, c'est qu'il me tombe sur la tête.
Rouge comme une sanguine, qu'un sang andalou éclabousse de soleil, il emportait mon âme jusqu'au septième!
La nuit est venue à sa rescousse:
"Et c'est bien la même nuit qui blanchit les mêmes arbres.
Mais nous autres, ceux d'alors, nous ne sommes plus les mêmes"... Pablo Neruda

lundi 3 janvier 2011

Marguerite barbelé

Nous nous sommes croisés, ou avons travaillé ensemble.
Pierre, Jean-Louis et Brice.
Afghanistan, Roumanie, Tchétchénie...
J'y pense, rien n'oublie.
Des mots griffonnés, des images un peu floues...
Ma mémoire, intacte.
D'autres visages, guettent, dans l'ombre, le moindre pas des ravisseurs.
Le risque s'insinue, encore, au coin d'une rue, sur les regards interdits des femmes que l'on cache...
Viseur, rafale à la dérobade...
Surtout, garder tout dans mémoire, pour toujours
Ce soir, j'effeuille un calendrier éternel dont les pages ont cessé de touner.
Merci de prendre le temps de penser à Brice Fleutiaux, Jean-Louis Calderon et Pierre Billot

vendredi 31 décembre 2010

Rien que pour vous !

2010 nous tourne le dos. Le voici qui s'en va, sans regrets, ni remords. Juste une année de plus… ou de moins.
J’en garde toutefois les senteurs d’autres terres visitées, des regards croisés et éphémères, de valises qu’on n’en finit pas de boucler, de nouvelles rides au front et l’infinie douceur de vos messages maintes fois feuilletés…
Pourvu que vous soyez encore au rendez-vous l’année prochaine !!
Je vous souhaite une pétillante année 2011, pleine à craquer de vos désirs enfin comblés.
Soyez indulgent envers vous-même et pensez à vous gâtez !
Consacrez-vous du temps, faites les choses que vous aimez !
Soyez, en 2011, important pour vous vous-même, car parfois vous vous oubliez.
En ce premier jour de l’année nouvelle, je souhaite à chacun d’entre vous, la meilleure d’une longue série de merveilleuses années !
BONNE et HEUREUSE ANNEE !

jeudi 30 décembre 2010

et Pluie...

Les nuages n'y vont pas avec le dos de la cuillère, ils s’épanchent sur une terre qui n’a plus soif.
L’alerte orange enchaîne les pépins pour les hommes des plaines inondées.
Le Guadalquivir, au rouge, sort de son lit d’un bond, trébuche sur les rives et dégueule un flot d’injures vaseuses dans les caves!
Les taureaux frottent leurs ombres noires contre les rideaux de pluie, les sabots englués dans la vase, ils lèvent un regard sombre sur le ciel qui gronde. On les entend murmurer :

- Dites donc là-haut, faudrait pas oublier qui on est. On a été l’incarnation de la puissance divine, nous Môssieur, alors vous allez rappeler à l’ordre votre armée de cumulonimbus et tout l’toutim. On en a ras la corne, nous, de vos averses. 400 litres qui nous est tombé sous le coin des naseaux depuis un mois, 400 litres en un mois ! Non mais des fois !
Faut croire, que le ciel s’en fiche des plaintes lancinantes des taureaux, il redouble de plus belle. Il va prendre un pont, et renverse de l’eau partout ! Le chemin s’en lave les mains et passe le sien sans même se retourner.
Les poutres, en bois d’eucalyptus, jouent les caisses de résonnance, pour les gouttes danseuses de claquettes. Mon vieux chien réchauffe ses rhumatismes devant le feu de cheminée qui fait swinguer les craquements du chêne. Le fouet des trombes qui se déchainent, cinglent le verre des fenêtres et claque comme des cymbales
Arrêtez la musique ! Je crois que cette cacophonie est une ancienne danse de la pluie !

samedi 25 décembre 2010

Noël d'oranges !



Dans le jardin, les arbres des Noëls sévillans se couvrent de décorations aux parfums acidulés de l'enchantement de l'enfance.
Ces fruits sont pour vous!

Qu'ils vous apportent pour les fêtes soleil, douceur et goumandise!

lundi 20 décembre 2010

Enrique Morente

A Estrella Morente, mon amie. Puisse ces mots, chère Etoile, sécher un peu tes larmes !

La foule applaudit une dernière fois, la voix que l’on entendra plus. Elle pendouille, triste, accrochée à nos cœurs.

Enrique Morente, ne traversera plus les jardins de Grenade.

Le flamenco, est lourd quand il devient silence.

Lui, il était la voix qui repousse les limites. Les puristes en perdaient leur castillan, murmurant des incantations outrées, pour conjurer le sort de cet empêcheur de chanter en rond.

Il n’en finissait pas d’entrecroiser les genres, de dessiner de savantes passerelles entre le Cante et la musique classique, flirtant parfois même, avec d’électriques guitares, des écrivains maudits, des peintres transgresseurs.

« Enrique est celui que nous admirons tous, pour ce qu'il fait et ce qu’il est ... Il est Enrique qui souffre à chaque nouveau projet qu’il aborde. Celui qui parfois nous offre le geste qui nous rappelle ce Don Quichotte, de mauvaise humeur et aventurier, sans attachement aux choses matérielles, et pour lequel tout le monde voudrait se transformer en Sancho Pansa. ..». Estrella, sa fille, a des sanglots dans la voix. Son chant à elle aujourd’hui, dit quelque chose de l’absence.

Encore un peu de toi Enrique.

dimanche 19 décembre 2010

Le retour!

Y’a pas d’mots ! Silence ! Mille projets vampires, un passeport ras l’tampon, un nouvel ordinateur et presque deux mois plus tard, j’ai réussi à caler mes vertèbres dans un sofa rien qu’à moi ! Pas un de ces fauteuil d’hôtel dont le rembourrage infidèle épouse le premier cul venu, non, un canapé à moi, dont la mémoire éléphantesque se rappelle, sans effort, jusqu’à mon moindre défaut.
Posée, calée, vautrée dans la seule journée de paresse octroyée depuis mille et une lunes, je retrouve avec plaisir mon blog délaissé.
Et je vous entraperçois, encore fidèles au rendez-vous.
Je regrette d’avoir remis à demain les messages que nous aurions dus échanger dès aujourd’hui.
J’aurai sans doute mille choses à vous raconter !

lundi 25 octobre 2010

Trinidad


La couleur se lit sur les murs, et la rue, défoncée, crisse sous la poudre de terre battue...


On danse encore dans un "cour à cour" entre deux maisons.

Entre les peaux perlées de sueur, le corps à corps qui s'improvise, aux accents d'un mélancolique boléro.

Les hanches tanguent, chaloupent, en perdition sur les vagues à l'âme d'une chanson, qui traîne en langueur...


" Yo no se que me esta pasando,
que no dejo un momento de pensar en ti.
Yo no se que sera de mi
si no estoy junto a ti..."







samedi 23 octobre 2010

Volutes de Havane

Les façades de la Havane sont lessivées. Lasses, elles desquament sous le soleil. Les visages de la Havane sont lessivés. Las, ils desquament sous le soleil.
Des pieds nus donnent le tempo, à l’angle d’une ruelle, où un tricot de corps joue les funambules, sur un fil à linge tendu entre deux murs.
Ambre, fève de cacao, miel et grain de café, palettes des hommes aux sangs mêlés.

Le temps s’est arrêté sur les compteurs de la Plymouth.
Dans le reflet chromé du phare, une fille bien carrossée vérifie sa coiffure.

Encore une fois, je prends la route… Habana, Cienfuegos, Camaguey, Santiago…
Les cannes à sucre, se dressent sur la pointe des pieds pour nous voir passer.


Por el Mar de las Antillas
(que también Caribe llaman)

batida por olas duras

y ornada de espumas blandas,

bajo el sol que la persigue

y el viento que la rechaza,

cantando a lágrima viva

navega Cuba en su mapa :

un largo lagarto verde,

con ojos de piedra y agua.

mercredi 6 octobre 2010

Le Retiro

Il m'arrive de flâner dans le Parc du Retiro à Madrid. L'automne commence à peine à glisser quelques feuilles couleur de rouille, entre le vert bronze des arbres, tandis que le soleil s'encanaille encore du côté de l'été. L'allée principale est pavée des bonnes intentions des diseuses de bonnes aventures, le nez plongé dans leur tarot, ou l'oeil rivé sur une boule de cristal. Entre les petits stands pliants des voyantes, des hommes transformés en statues, un magicien jongleur de bulles, une sculpteuse de ballons, un caricaturiste dont le fusain acéré, trace à grands traits le sourire d’un moustachu hilare. Plus loin, un théâtre de marionnettes où des enfants en demi-cercle devant un guignol, attendent le début du spectacle. Trois coups. Personne en scène, une voix douce semble sortir du Guignol et entonne une mélodie :
-La la la la , comme je suis jolie, la la la je suis vraiment jolie !
La voix de jeune fille continue la rengaine :
- La la la la lère, je suis vraiment la plus jolie
- Il fait froid les enfants ?
- nOOOOOOOOOOOOOOn !
- ah tant mieux, je serai vraiment jolie sans mon manteau, la la la, je suis la plus jolie ! Vous croyez, hein, les enfants que je suis la plus jolie ?
- Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
Sortant comme un beau diable, apparait alors, une sorcière sur son balai.
- N’est-ce pas les enfants que je suis la plus jolie ?
Stupeur générale, les petits, médusés, en sont babas ! Oh la mocheté, nez crochu, verrue et tout le tralala. Seulement voilà, les petits ça ne trichent pas ! Le voici donc Le moment de l’hésitation, Le silence d’une seconde qui en dit long. Les enfants ont le cul entre deux mondes, ils ont dit oui mais face à cet écroulement du rêve, à ce cauchemar de la réalité, ils oscillent hésitants, au seuil de deux puits sans fond. Je me faufile dans cette éternité de silence, et guette le couperet qui trancherait l’hésitation : « la vérité, vous la dites, et elle vous attire des claques ou des félicitations, et le pire, c’est que dans un cas comme dans l’autre, personne ne vous croit. La vérité, c’est incroyable ! »

jeudi 16 septembre 2010

Peter Lindbergh

A Peter avec toute ma respectueuse admiration
Peter Lindbergh est un homme délicieux. Le rencontrer c'est apprendre à Voir, car rien ne lui échappe: pas une ombre, pas un recoin du soleil caressant, de ce jour là qui est passé si vite.
Il habite tout et rend beau les espaces inexplorés, ceux où l'on est trop passé, et les insignifiants. Il décèle les traces que nos habitudes ont piétinées et sans artifice il réinvente les encoignures du monde qu'on ne visite plus. Doux, prévenant, il s'empare des lieux en s'excusant. Mais après lui, notre univers n'est plus tout à fait à sa place. Il s'est passé comme une oscillation, il a basculé, un peu. C'est une légère courbure des choses, qui ont fait le gros dos en ronronnant comme un chat persan.
Il a imaginé les photos et se laisse pourtant faire par une épaule, un talon, un hochement de tête, une mèche que l'on relève. Il aspire l'air ambiant, il s'en délecte comme d'un vin frais et gouleyant. Il met de la couleur dans tout ses noirs et blancs.
Peter Lindbergh est en alerte: "Creation is the birth of something, and something cannot come from nothing". Sûr, qui vivra saura vraiment, il ne peut y avoir rien, je l'ai vu, oui, de mes propres yeux. Mais il y a un truc, et vous êtes le seul à le connaître, vous l'avez enfermé dans votre boite à malices. "May be all this is a question of how deep we are willing to go..." Oui, vous avez raison, cela dépend sans doute jusqu'à quelle profondeur nous sommes prêts à aller.
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